Fishing Times Blog

Earth has music for those who listen.

thumbnail

À la découverte du Gave

Nous avions prévu avec ma soeur, il y a un bout de temps, de partir tous les deux en montagne afin d’y faire des randonnées en altitude.
Ce n’est que cette année, en début juillet que l’occasion se présente et nous louons donc un bungalow pour une semaine en bordure d’un gave pyrénéen.
Bien entendu, qui dit gave, dit grosse truite et par conséquent pêche obligatoire. Mon objectif durant ce séjour est donc de réussir à sortir ma première belle truite, avec un peu de chance une de ces fameuses léopards qui peuplent ces grandes rivières béarnaises.

J’attaque le lendemain de notre arrivée, réveil à 6h30 et début de la pêche au lever du soleil.
Ne connaissant pas du tout les lieux, je commence un peu au hasard, en aval du camping dans un secteur avec de gros rapides ponctués par quelques petites fosses. Le dépaysement est total, étant habitué à de petits ruisseaux composés de postes bien marqués, je ne sais où donner de la tête dans un tel débit. Je commence par adopter la technique habituelle de lancer vers l’amont et d’animer le leurre sur sa descente mais au bout d’une heure sans avoir vu un seul poisson, le doute commence à s’installer quant à la technique employée. En effet, la vitesse du courant étant si importante, je soupçonne les truites de ne pas avoir le temps de réagir en voyant passer le leurre devant elles. Je remonte donc sur la berge et avance de quelques centaines de mètres afin d’entamer une pêche en aval. Je lance sur la berge opposée, et laisse le courant faire nager le leurre uniquement en donnant de petits coups de scion jusqu’à ce qu’il se trouve du même côté que moi. De cette manière, le leurre passe derrière les blocs rocheux et y reste quelques secondes au lieu de filer à toute vitesse. Il me faut un peu de temps pour m’habituer à cette nouvelle méthode mais cette dernière s’en trouve payante car au bout de quelques dizaines de minutes, en ramenant le leurre jusqu’à mes pieds, j’observe deux truites, attaquant mon leurre, la première d’une trentaine de centimètres suivie par une seconde dépassant les 40 centimètres (l’émotion du moment fait peut être augmenter la taille du poisson mais une chose est sûre, je n’avais jamais vu de truite de cette taille auparavant). Malheureusement je ne réussit pas en ferrer une seule et il est 9h passé, je dois donc rentrer pour entamer notre première randonnée du séjour. La session de chauffe est un échec mais elle laisse de l’espoir pour la suite.

On attaque en force pour la première randonnée, direction le lac d’Isabe et ses 1200 mètres de dénivelé avant de l’atteindre. Une fois en haut, la récompense est superbe. Le lac, encore bordé de nombreuses plaques de neige, se trouve entouré de falaises tombant à pics dans ses eaux profondes.

Les journées suivantes adoptent le même schéma, pêche en début de matinée puis randonnée dans les sommets. Ayant compris la technique de pêche à employer, les poissons, bien que petits (voir minuscules pour le potentiel de la rivière), commencent à s’enchaîner sur les poissons nageurs. 

Je me fais surprendre à deux reprises, pensant à mon gros poisson, par des truites de lâché très peu esthétiques et dont la présence dans cette partie de la rivière reste très discutable.

Un soir en milieu de semaine, rentrés plus tôt pour se reposer, je décide d’aller tenter de taquiner les habitantes d’un tout petit affluent du gave. Je prends ma canne pour l’ultra léger avec le pressentiment que les cuillères vont être l’atout indispensable dans ce ruisseau, ainsi que le strict minimum afin d’être le plus mobile possible.

Sans surprise, arrivé dans l’eau, c’est un festival de petites truites. Les lieux, difficiles d’accès ne doivent être que très peu pêchés et la population de farios s’en trouve préservée. Au fur et à mesure que je remonte le cours d’eau, je me rend compte que son apparence tranquille au niveau de la confluence avec le gave, se change en une petite gorge très encaissée. 

Plus j’avance, et plus l’ambiance devient mystérieuse. Il est tard, la luminosité est faible, aucun bruit n’est audible hormis le clapotis de l’eau et un vent froid souffle depuis la cavité la plus sombre. La curiosité me fait tout de même avancer jusqu’à la zone située sur la droite de la photo. Je progresse doucement dans l’eau car le courant est très faible et je ne veux pas créer de perturbation à la surface afin d’éviter de mettre en alerte les potentielles occupantes des lieux. Avec cette si basse luminosité, je choisis d’utiliser un coloris blanc pour mon leurre. Je le lance au fond de la grotte, je ne le vois pas tomber mais l’entends. Je ramène doucement afin de le laisser couler et d’exploiter correctement le trou. Arrivé à quelques mètres de mes pieds, dans une zone un peu plus éclairée par la lumière ambiante, j’aperçois une ombre énorme suivant paisiblement le leurre ; une truite très longue, avec une robe couleur ébène. Je marque un temps d’arrêt, me fige mais la mémère me repère et file se planquer à toute vitesse dans les profondeurs. Sur le coup j’ai du mal à réaliser ce qui vient de se passer mais ce sont des moments comme celui-ci qui restent gravés en mémoire des pêcheurs. Je dois malheureusement arrêter mon exploration ici car je me trouve déjà à la limite d’une zone interdite d’accès, en effet, des lâchés d’eau sont parfois réalisés et dans des endroits aussi encaissés, la montée des eaux instantanée devient très dangereuse comme l’indique les panneaux accrochés aux parois.

Le lendemain nous prévoyons une randonnée techniquement facile réalisant une boucle au cours de laquelle on a l’opportunité d’admirer plusieurs lacs différents dans la journée.

Après cette longue journée de marche, nous nous arrêtons au bord d’un petit ruisseau d’altitude avant de repartir au camping. Bien entendu, je suis obligé de sortir ma canne du sac à dos ainsi que mes petites cuillère tournantes pour profiter de ces eaux cristallines dans un cadre magnifique. Vu la taille du cours d’eau une chose est sûr je ne m’attends pas à faire un gros poisson. Et en effet, j’avais vu juste, à chaque trou, de petites truites très vigoureuses viennent attaquer le leurre. J’y pêche pendant une demi-heure en sortant une quinzaine de poissons, jusqu’au moment où j’arrive sur un poste qui me plaît au premier coup d’œil. Une fosse assez profonde, à l’ombre, avec tout le débit canalisé entre deux roches créant une petite cascade. J’y lance ma cuillère et, sans surprise, c’est un superbe poisson qui vient s’en emparer, il est comme fou et enchaîne les chandelles. Je suis monté en simple sans  ardillon, il peut se décrocher à tout moment. J’arrive à le mettre au sec, ce n’est pas un monstre record mais je suis agréablement surpris de sortir un tel poisson à la robe splendide et avoisinant les 30 centimètres à cette altitude dans un si petit ruisseau.

Le dernier jour, un pêcheur local m’indique un secteur du gave encaissé dans des gorges qui, d’après ses dires, reste très peu pêché et abritant de très gros spécimens. Au petit matin, avec la lumière rasante, le paysage est somptueux, c’est un vrai bonheur de se trouver dans ce coin de nature préservé.

L’espoir de la dernière session n’offre pas le résultat escompté car, malgré la beauté des lieux, les truites sont très peu actives. Je réussi tout de même à sortir ce qui sera certainement mon plus gros poisson du séjour (sauvage bien entendu) avec cette belle truite aux nageoires bien développées.

Cette première expérience dans les gaves ne fût pas un exercice aisé et sortir un gros poisson, même dans des rivières si réputées n’est pas chose facile, mais elle m’a tout de même permis de progresser concernant la technique à adopter pour prospecter ce genre de rivières. Une chose est sûre, les gaves béarnais vont me revoir dans peu de temps.

 

Merci d’avoir lu,

Louis

2 réponses à “À la découverte du Gave”

    • Bonjour, merci pour le commentaire.
      Lors de ce séjour j’étais équipé d’une LagLess 59DT et d’un Vanquish en taille 2000 avec un gros ratio de récupération garni d’une tresse Varivas Super Trout 8 brins en PE 0.6, que je déconseille car elle était déjà usée à la fin de la semaine. En ce qui concerne les leurres, pour bien exploiter les gros débits, il faut utiliser des leurres de taille conséquente, en l’occurence j’utilisais souvent un d-contact 63 (voir 72).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *