Fishing Times Blog

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Une aventure inattendue : rencontre avec un migrateur

Nous sommes presque à la fin Juillet, quand les conditions nous paraissent adaptées pour repartir en Bretagne. Nous prenons donc un weekend pour partir à 3, avec Louis et Valentin, que nous voulions emmener avec nous depuis longtemps. Les températures sont agréables et les niveaux nous paraissent bon, les conditions pour un weekend productif ont l’air réunies.

Nous décidons d’évoluer en terrain bien connu, pour pouvoir conseiller et guider efficacement Valentin, pour qui la pêche en eaux courantes n’est pas encore très familière. Nous prenons donc la direction pour la première journée d’un parcours que nous faisons presque à chacun de nos séjours.

Les premières truites montrent rapidement leurs nageoires, sur de petites AR-S, comme à leur habitude. Malgré leur nombre, leur taille reste en dessous de la moyenne habituelle. Notre pêche en hameçons simples sans ardillons n’est pas pour nous aider à les sortir, et il est difficile d’en toucher de nos mains. Qu’à cela ne tienne, le cadre est toujours superbe, le temps est agréable et la pêche l’est aussi. Nous restons ainsi toute la journée sur ce joli parcours, sortant de temps à autre une modeste tachetées aux couleurs ravissantes.

Puis arrive la fin de journée, avec l’habituelle fatigue à crapahuter dans les rochers. Louis et moi sommes en waders, Valentin en cuissardes. Les rochers de la rivière sont très glissants, et à force de glisser, l’inévitable finit par se produire et Valentin se retrouve assis sur le fond de la rivière, remplissant les cuissardes.

Nous sommes bientôt à la fin du parcours alors ce n’est pas bien grave, Valentin décide de rentrer à la voiture et de nous laisser finir rapidement, après avoir bien vérifié qu’aucun matériel sensible n’ait pris l’eau. Mais peu après avoir traversé la rivière pour rejoindre le chemin, il se rend compte qu’il n’a plus les clefs de la voiture, qu’il avait pourtant dans la poche 2 minutes auparavant. Nous voilà donc à chercher partout cette fameuse carte, grise et rectangulaire, dans toutes les poches, sur les rochers, dans la rivière…mais en vain. Nous finissons par perdre espoir et nous résigner : il va falloir appeler un dépanneur, ou trouver une solution avec le double des clés (qui est bien entendu resté à Nantes), en tout cas le séjour semble compromis.

Nous commençons donc à regagner la bordure, pour retourner vers la voiture et réfléchir à une solution. C’est alors qu’à moins de deux mètres de la berge, sur un banc de sable en pente douce, une forme grise retient mon regard… Je l’examine plus intensément et n’ose espérer jusqu’à l’avoir dans les mains, il s’agit bien de la clé que nous recherchions depuis 15 bonnes minutes.

Nous laissons donc Valentin rejoindre la voiture sur ce gros soulagement et finissons rapidement notre parcours, moins efficaces à cause de cette poussée d’adrénaline, et ayant déjà pêché la partie la plus intéressante du secteur.

Nous passons la nuit dans le petit camping municipal habituel, tout en pensant à l’organisation du lendemain. Nous optons pour un autre parcours que nous connaissons bien, où il est d’après moi possible de trouver de plus jolies truites, même si nous n’avons pas encore réussi à y dénicher un vrai poisson trophée.

La pêche est loin d’être facile, les AR-S qui donnent habituellement très bien ici sont moins productives. Les PN coulants rapportent quelques touches, D Incite 44 ou D Contact 50 paraissent efficaces. Louis nous pique d’ailleurs une magnifique petite fario à la robe exceptionnelle au D Contact 50, sur le fameux coloris 33

La pêche se poursuit, Louis insiste au D Contact, tandis que Valentin alterne entre petites AR-S et D Incite. Pour ma part, j’insiste sur les grosses tailles d’AR-S, ici en 4.5g bicolore  pour parcourir de longues distances en gardant une belle bouchée, toujours avec ce rêve de piquer LA fameuse truite bretonne de 40cm.

Nous arrivons ainsi sur un gros pool assez profond, où un moucheur croisé plus tôt nous avait indiqué avoir vu gober ce qui était probablement une belle truite. Au bout du troisième lancer appuyé, pour atteindre le fond du pool, je me fais puissamment arrêter en regagnant la zone plus courante de la rivière.  Riposte immédiate par un gros ferrage, le frein siffle de suite et le poisson est très lourd, je comprends tout de suite que j’ai affaire à un saumon. Le premier reflet me le confirme, et je n’ai pas à attendre longtemps pour une première chandelle. Débutte alors un combat tout en rush, longs et puissants, je manque de le perdre plusieurs fois mais réussi à le stopper juste avant les rochers. Je crains également de le perdre après un passage dans les herbes, mais ma tresse en 6/100 coupe ces dernières au premier rush venu.

Après plusieurs aller-retours sur 30 mètres de berge, des rushs et coups de tête enragés bien encaissés par ma LagLess ce superbe migrateur finit par fatiguer et me laisse le mettre à l’épuisette.

C’est le soulagement, quel plaisir et honneur de pouvoir à nouveau contempler ce magnifique animal, force de la nature et ambassadeur du monde sauvage. Je le manipule avec grandes précautions, soucieux de le voir repartir en pleine forme ; il n’est absolument pas blessé, grâce aux très bons assist hook sans ardillons de Truite et Ombres.

Après une petite réoxygénation dans l’eau fraiche des courants, ce seigneur de la rivière retourne tranquillement vers les profondeurs du pool.

Par chance, j’ai pu filmer l’intégralité du combat, avec même la touche en direct, voici donc le petit montage :

Nous nous remettons doucement de nos esprits, Valentin a mitraillé avec le réflex du début la fin, tandis que Louis m’a beaucoup aidé pour la manipulation. Nous remettons de l’ordre dans le matériel et je me rends vite compte que mon épuisette manque à l’appel. Après de rapides recherches dans les herbes alentours, elle reste introuvable ; je l’avais détachée pour faciliter mes mouvement, et lancée dans l’eau proche de la berge au moment de la réoxygénation : elle a dû être emportée par le courant. Me voilà parti pour une course effreinée le long de la rivière, scrutant les courants à la recherche de mon précieux outil. Enfin, après une bonne demie heure de recherches alors que tout espoir semblait vain, je finit par la repérer 300 mètres plus bas, miraculeusement échouée sur un banc de sable entre de violents courants. C’est ce qu’on appelle un ascenseur émotionnel !

Nous remontons vers notre point de rupture pour finir le parcours. Les truites sont assez peu coopératives, nous en sortons quelques unes mais rien de bien exceptionnel. Au détour d’un rocher, je fais fuir une superbe fario, longue et présentant même des rayures que l’on retrouve habituellement sur les souches Jurassiennes.

Nous sommes tous les trois dans l’eau, à évoluer sur le fond très glissant, et à prendre quelques touches de temps en temps. Au détour d’un coin un peu plus profond, c’est au tour de Louis de glisser, et de s’affaisser tout en douceur pour remplir ses waders… une scène qui me tirera un fou rire de quelques minutes !

Nous finirons la journée et le weekend sur une action assez exceptionnelle. Apercevant une grosse masse sombre derrière son leurre, Valentin nous crie « saumon ! saumon qui suit ! » et effectivement le poisson semble très gros. Il suit jusqu’au bord dans les rapides, et sort alors de l’eau pour essayer d’attraper ce petit poisson nageurs…nous réalisons alors que ce qui nous semblait être un gros saumon est en fait…une loutre !! Vraiment une action impressionnante à observer !

Un petit bilan de ce weekend s’impose.

Je dois tout d’abord préciser un détail qui n’est pas forcément évident : je, nous, ne recherchons JAMAIS le saumon, dans quelque rivière que ce soit. Tout d’abord parce que nous considérons qu’ils subissent une pression de pêche largement suffisante par rapport à leur nombre encore trop faible ; parce que nous ne voulons pas leur faire prendre de risques supplémentaires après leur long périple, là encore, à la vue de leur nombre encore trop faible. De plus, nous n’avons absolument pas le matériel adapté pour cette pêche, il serait donc dangereux pour le matériel et surtout pour le poisson de le rechercher ainsi. Néanmoins, nous traquons parfois la truite où les migrateurs sont présents, et il arrive parfois d’en piquer. Pour pallier à cette éventualité, j’ai préféré reprendre mes bas de ligne en 18/100, limite maximale autorisée pour la truite : si je pique un saumon, il est beaucoup moins risqué de le combattre en 18/100 qu’en 14, et donc les risques de lui laisser le leurre dans la gueule ou de l’épuiser fatalement sont réduites.

Enfin je remercie chaleureusement Valentin pour les superbes photos, et pour le transport ! Merci à vous deux pour votre ténacité au cours de ce weekend, les conneries et les fous rires à n’en plus finir !

Merci d’avoir lu et à bientôt,

Bonne fêtes de fin d’année

David

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