Fishing Times Blog

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Une escapade Pyrénéenne

Nous sommes à la mi-août, quand je rejoins Julien à Bordeaux, pour passer la nuit avant de partir pêcher la truite dans les Pyrénées. Depuis le temps qu’on en parlait, se faire un trip en montagne, rechercher les grosses truites pour changer des petites Bretonnes, le tout dans un cadre totalement différent qu’à notre habitude ! Eh bien enfin, ce trip a pu avoir lieu. Départ donc le mercredi, direction Pays Basque. La météo n’est pas excellente, il y a eu des orages ces derniers jours, mais qu’importe, nous sommes là.

A notre arrivée, mon pressentiment est mauvais : l’eau est plutôt blanche, et de la pluie est annoncée pour les prochains jours… Nous décidons néanmoins de commencer sur les secteurs que je connais pour nous faire une idée.

Sur place, l’eau est déjà un peu plus claire qu’en aval. Nous n’avons que peu de temps de pêche pour ce premier soir, avant le coucher du soleil. Quel plaisir de retrouver ces eaux bleues aux courants puissants ! Les spots sont bien marqués, le moindre contre-courant doit être exploité. J’opte pour un D Contact 50 T2, imitant une petite truite arc-en-ciel. Le coloris est assez voyant, et son rendu dans ces eaux me plaît beaucoup. La première touche ne se fait pas attendre bien longtemps, et une première belle truite vient me rendre visite et me gratifie d’un joli combat en traversant le puissant courant qui me séparait d’elle. Ce sera la seule touche de cette courte session, mais nous l’espérons, un bon présage.

Le soleil se couche déjà, et petite nouveauté pour ce séjour, nous dormons en camping sauvage. Après quelques recherches, nous trouvons un coin sympa au bord de la rivière pour planter la tente. Quelques changements d’hameçons pour pêcher uniquement en simples clôturent la soirée avant de retrouver mon duvet.
Au réveil, mauvaise surprise, il a probablement plu toute la nuit, il pleut encore, et la tente a quelques problèmes d’étanchéité… qu’à cela ne tienne, nous plions bagage en vitesse et commençons notre journée de pêche.

Nous débutons donc vraiment notre séjour. Premier parcours, connu pour ma part. Il pleut encore, légèrement, mais les eaux sont hautes et les courants puissants. Dès les premières minutes, j’accroche mon D Incite 53 Awabi au fond, et suis incapable de le récupérer malgré mes nombreuses tentatives. Grosse déception, en plus une couleur non distribuée en France que j’avais obtenue par chance il y a quelques années…

50 mètres plus haut, impossible de traverser la rivière, le courant est trop puissant, et il n’est pas possible non plus de contourner sur notre berge…Demi-tour, changement de secteur.

Direction une partie que je ne connais pas, mais dont la configuration nous plaît bien. Manque de bol, des pêcheurs au toc sont arrivés depuis Bayonne quelques minutes avant nous, et commencent à remonter la rivière. Pour ne pas les gêner et ne pas marcher 2 km avant de pêcher, nous décidons tout simplement de prospecter en descendant la rivière. C’est justement l’occasion d’appliquer les conseils d’un ami pour ce type de rivière ! Les premières touches surviennent sur D Contact 50, dans les rapides. Une belle tachetée s’en empare, mais se décroche avant le coup d’épuisette.
Les poissons ne sont pas aussi actifs que nous le voudrions, nous commençons à remonter, il est bientôt midi. Je décide de pêcher un peu plus gros, et réussi à séduire un beau poisson dans une fin de pool avec un Emishi 65s. Une tape éclair, ratée, mais le poisson suit toujours. Elle tapera de nouveau, mais sans succès, juste avant que mon bas de ligne ne claque au lancer et expédie ce bel Ito Craft au fond du pool. Deuxième leurre en une matinée, ça pourrait difficilement être pire…

Nous revenons à la voiture pour manger, et avons le plaisir de retrouver les pêcheurs croisés tout à l’heure. Nous partagerons le repas tous ensemble, avec récits de prises autour de pâté, fromage de brebis et vin rouge !

Après manger, nos amis « tocqueurs » partent pour un parcours en amont, aussi Julien et moi décidons de tenter leur parcours du matin, après tout, les poissons n’ont pas vu de leurre de la journée…

Les premières touches arrivent très vite, peut être à cause du regain de puissance de la pluie et du vent. Les poissons sont à fond, le D Contact 50 se fait croquer presque à chaque passage, en animation rapide sur les fins de radiers. Plusieurs poissons plutôt corrects arrivent ainsi dans l’épuisette. Les débuts de gros courants sont très productifs. Le milieu de la rivière est chargé de petits poissons en chasse, tandis que les bordures sous les plantes abritent de plus jolis spécimens.

La pluie redouble d’intensité et nous sommes même obligés de nous abriter sous les arbres tant elle est dense. Je pense que c’est à ça qu’est due l’incroyable activité des poissons cet après midi là. Nous continuons de remonter une fois la grosse averse passée. Un joli poisson se laisse séduire par mon D Contact T1. Un beau poisson, mais encore loin de ce que nous sommes venus chercher dans les Pyrénées !

Le soleil pointe enfin le bout de son nez, assez brièvement, j’en profite pour m’essayer à quelques photos. Par la même occasion, nous entamons une redescente du parcours, ayant parcouru une assez longue distance depuis midi.

Avec cette éclaircie, nous constatons une nette diminution d’activité. Nous nous arrêtons néanmoins sur un des plus jolis pools que nous ayons croisés, précédant ce fameux radier, si productif en début d’après-midi. Une rapide prospection nous indique assez vite que les poissons ne sont plus en chasse. Nous décidons ainsi d’exploiter ce pool très profond à son maximum.

Je me dois ici de faire un petit aparté « matériel ». Je possédais depuis plusieurs mois un D Concept, sans toutefois avoir réussi à l’utiliser correctement. Faute de conditions, de spots adaptés ou tout simplement de technique, il faisait partie des leurres les moins utilisés de ma boite.

Je décidais donc de monter ce D Concept, me permettant de pêcher profond grâce à sa densité élevée. Je réalisais ainsi que son utilisation n’était pas si compliquée, mais qu’il était simplement plus à l’aise dans les eaux profondes que dans les petits torrents bretons. Je commençais donc ma prospection en pêche semi amont, donc aval en fin de récupération.

Quelques twitchs, entrecoupés de pauses, puis quelques plus longues tirées…. Je prenais goût à ce leurre dont l’apparence assez trapue m’intriguait depuis longtemps.

C’est alors que, sur un lancer pas plus précis que les autres, après avoir fait traverser à mon Concept le pool de manière assez lente, et en remontant la fameuse cassure de galets qui marque le début du radier, je pris un violent arrêt, immédiatement suivis de deux gros coups de tête, très lourds. Enfin, je tenais ma grosse truite. Il ne me restait plus qu’à la gérer. Et puis je pris le premier rush…et dus me rendre à l’évidence : c’était beaucoup trop puissant et agressif pour une truite, j’avais en fait ferré un de ces grands migrateurs. Un combat acharné s’engagea, j’étais monté assez fin. Ce roi des eaux courantes décida de me montrer toute sa rage… un gros rush au fond du pool, des coups de têtes vraiment énervés, un autre rush sur le radier, puis retour en profondeur, une quasi immobilisation dans la cassure… et puis vint la chandelle. Cette chandelle si caractéristique des saumons, tout en puissance, en gardant la queue dans l’eau pour continuer à propulser. Il décida ensuite de foncer vers le radier et surtout les rapides. Je parvins à contrer cette première tentative tant bien que mal, tout en le suivant et en me rapprochant de lui. Il se cala sur le radier, je savais que c’était sa petite pause avant de retourner vers le torrent. Je savais aussi que s’il y parvenait, je le perdrais très probablement. Heureusement, j’étais assez proche de lui et décidai de ne pas lui laisser le temps de réaliser, un mouvement de bras bien placé et il finit enfin dans l’épuisette.

Je laissai exploser ma joie. Ce castillon était magnifique, le cadre l’était tout autant. Partager ce moment de folie avec Julien, cela rend la prise encore plus mémorable !
Je décrochai le leurre facilement, tout en prenant soin de garder le saumon dans l’eau. Quelques photos et je commençai la remise à l’eau. Bien fatigué, ce seigneur des courants prit son temps pour se revigorer et me laissa l’admirer encore un peu plus longtemps. J’eus ainsi la surprise de lui trouver un pou de mer ; son bec était déjà bien formé et il commençait à prendre les couleurs de la rivière. Remis de ses émotions, il me gratifia d’un dernier coup de caudale et fila vers le fond du pool pour poursuivre son but et accomplir sa mission !


Julien m’a filmé pendant la fin du combat, et en a sorti une petite vidéo, très bien réalisée de mon point de vue. Je vous pose ça là !

Occupé à me remettre de mes émotions, et à réordonner mon matériel, j’entendis un soudain « crack » : Julien venait d’atteler un très joli poisson du pool, mais la canne n’avait pas supporté la touche. La petite Solpara cassée juste avant le premier anneau, sur le plus épais du blank. Julien essayait tant bien que mal de combattre son poisson qui s’avéra être très vigoureux, mais ce dernier finit par casser la ligne. C’est dommage, c’était probablement une très belle truite…et il va falloir trouver une autre canne !

Nous rentrâmes donc à la voiture. La dernière traversée de la rivière se fit très difficilement, les eaux avaient monté au cours de l’après-midi, et nous manquâmes plusieurs fois de glisser, emportés par le fort courant, bien différent de lors de notre premier passage.

Une première journée donc, riche en émotions !

Pour passer la nuit, nous avions tout sauf envie de recommencer sous la pluie, alors il me vint une idée. Mes parents retrouvèrent le numéro de chaleureux éleveurs de brebis qui nous avaient accueillis dans un gîte il y a quelques années ; un petit coup de fil pour savoir s’il n’y avait pas un petit coin de jardin un peu abrité pour planter la tente…
Nous fûmes accueillis à bras ouverts, ces personnes charmantes nous offrirent même apéritif, pain, fromage de la maison et vin rouge pour accompagner notre petit repas de conserves. Mieux encore, ce cher Monsieur nous avait installé son fourgon dans la grange, pour que nous puissions y dormir confortablement.

Après une nuit reposante, sans même avoir été réveillés par le troupeau de brebis partant aux champs au levé du jour, nous remerciâmes comme il se doit nos hôtes et allâmes prendre un petit dej dans un café du village. Anecdote assez amusante, en entrant dans le café nous eûmes la surprise de n’entendre que du Basque, totalement incompréhensible pour nous… mais là encore, de charmantes personnes qui n’hésitèrent pas à nous aborder (en Français tout de même) et à nous souhaiter la bienvenue à l’aide de vigoureux serrages de main.

Petit briefing pour le programme de la journée en avalant un dernier café, et nous prîmes la direction d’un parcours no kill non loin de là.

Mes dernières pêches sur ce parcours ne m’avaient rapporté que peu de résultats, aussi je ne m’attendais pas à quelque chose de miraculeux.
Arrivés sur le spot, Julien décida de monter un peu, je préfèrai attaquer dans un premier temps un joli contre-courant sous un pont. Armé de mon fidèle D Concept, je peignai dans un premier temps le plein courant, aux vues des zones de touches de la veille.

J’attaquai ensuite le contre-courant. Le leurre toucha l’eau, je laissai couler une petite seconde, un premier twitch, grosse sanction. Une tape lourde comme on les aime, suivie d’un ferrage puissant. Le poisson était lourd, je pensai au début à un nouveau saumon. Mais en prenant le courant, je vis bien qu’il ne s’agissait pas de leur comportement, j’avais bien affaire à une grosse truite. Enfin ! Un joli rush dans la veine principale, qui me sortit quelques mètres, mais aussitôt sorti du courant, je repris le dessus. Encore quelques coups de tête, je sortis l’épuisette, et ce fut gagné. La voilà, je tenais enfin ma grosse truite des Pyrénées. Un poisson en pleine forme, bien gras, une robe splendide, typique des sauvages de cette rivière. Je ne pouvais pas rêver mieux !

D’aucuns diront peut-être que l’on peut faire bien plus gros dans ce genre de rivière, mais un tel poisson suffit amplement à me combler de joie.

Après quelques rapides photos, je laissai ce superbe animal regagner son milieu. J’étais tellement dans l’admiration que j’en oubliai de filmer sa remise à l’eau, dommage, ça aurait donné de belles images dans une eau si claire…

La session se poursuivait, et les poissons s’enchaînaient. Le D Concept faisait des ravages, tant en pêche amont qu’en ¾ aval, Le D contact 50 aussi. Nous sortions tous deux des poissons, pas énormes mais tout à fait corrects. Nous subissions également quelques décrochés, dont un poisson en plein jus pour moi qui semblait plutôt joli. La discrétion était de mise, je parvins à piquer un poisson en étant posté dans les galets, à 5m de la berge.

La rivière n’était pas facilement praticable, et les berges étaient très encombrées. Nous fûment obligés de contourner certains spots magnifiques par impossibilité totale d’y accéder.
Nous arrivâmes sur une zone où de puissants courants s’enchaînaient. Ces fameux courant assez linéaires, dans une profondeur allant jusqu’à un mètre, les plus dangereux selon moi, quand on essaye de les traverser. Pas question de traverser ici, la berge était de nouveau praticable.

Je prospectais ces courants avec mon D Concept, en lançant ¾ amont et en ramenant à toute vitesse, pour aller plus vite que le courant. Je pris ainsi entre deux twitch une violente tape, sans même avoir besoin de ferrer. Un très joli poisson qui parvint à se décrocher sur une magnifique chandelle en plein bouillon.

Courant suivant, toujours sur la même animation, qui terminait, grâce au courant, en pêche aval sur les 4 derniers mètres. Mon Concept sortit de la veine principale, j’aperçus un éclat juste derrière, puis un vrai suivi. Un twitch, une pause, et le poisson frappa. Encore un bien joli poisson, que je parvins assez vite à mettre dans l’épuisette. Une très belle action !

Nous continuâmes de remonter la rivière, et en vînmes à nous séparer, je revenais sur un spot que nous avions dû contourner tandis que Julien poursuivait le parcours. Je fis sortir une magnifique truite des branches de la berge d’en face, toute noire et de belle taille, mais elle ne voulut pas taper.

Petit coup de fil de Julien, il venait de décrocher une très grosse truite, d’en faire une jolie, et plusieurs autres tapaient son D Contact, dans une grosse fosse. Je m’empressai de le rejoindre, mais les poissons étaient déjà calmés à mon arrivée.

Nous tentâmes de remonter encore plus haut, mais la rivière devint beaucoup plus calme et moins intéressante pour nous. Les poissons s’étaient par ailleurs calmés, et nous ne prîmes pas d’autre poisson. Après une telle matinée d’activité, il était probablement normal que l’après-midi fût plus calme ! Nous eûmes tout de même la chance d’assister à un magnifique coucher de soleil sur les champs fraîchement fauchés, juste après avoir repris la voiture.

Après une dernière nuit en camping, une petite session matinale ne nous rapportera que très peu de touches, sans aucuns poissons malgré la beauté des lieux.

Il était temps pour nous de quitter le Pays Basque, pour rentrer à Bordeaux en passant d’abord par Dax, histoire de profiter des férias pour une soirée.

Que dire alors, de ce séjour ? Dans un premier temps, des conditions météo plutôt médiocres, mais finalement pour des conditions de pêche optimales, ou du moins bien meilleures qu’en pleine sécheresse comme lors de ma première venue.

Une découverte pour moi de l’efficacité et des nombreuses possibilités qu’offre le D Concept, qui peut ainsi être utilisé lentement dans des pools profonds, comme très rapidement dans de puissants courants.

En mettant la pêche de côté, nous avons eu le plaisir de rencontrer des gens très accueillants et agréables. Plus encore, nous avons pu constater la formidable hospitalité des habitants du Pays Basque. Des gens avec le cœur sur la main, prêts à rendre service…vraiment une région très accueillante.
Enfin, je tiens tout particulièrement à remercier Julien. Depuis le temps qu’on en parlait, on a enfin pu se faire ce tant attendu voyage de pêche à la truite ! Un réel plaisir d’avoir passé ce séjour en ta compagnie, d’avoir partagé tous ces bons moments dans un tel cadre avec un tel ami. Espérons pouvoir remettre ça au plus vite !

Merci d’avoir lu, et à très bientôt pour un article « préparation ouverture » !

David

PS : petite vidéo du séjour, réalisée par mes soins

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